Home Cameroun Commerce de l’or : Kampala et Yaoundé affichent des chiffres contradictoires
Cameroun

Commerce de l’or : Kampala et Yaoundé affichent des chiffres contradictoires

Share
Share

Yaoundé/Kampala, Klein Reporters – Les statistiques officielles sur les flux d’or entre le Cameroun et l’Ouganda révèlent des écarts majeurs, soulevant des interrogations sur la traçabilité du métal précieux dans la sous‑région.

 

Selon les données publiées par Kampala, l’Ouganda a importé environ 3 175 kg d’or brut en 2024, pour une valeur estimée à 150,5 milliards de FCFA.

 

L’année précédente, les autorités ougandaises déclaraient déjà 1 117 kg, soit environ 43,4 milliards de FCFA.

 

Ces chiffres contrastent fortement avec les statistiques camerounaises. Les douanes de Yaoundé n’ont recensé que 22,31 kg exportés en 2023, pour une valeur de 904 millions de FCFA. De leur côté, les statistiques miroir d’UN Comtrade attribuent pourtant au Cameroun 15 194 kg d’or exportés cette même année, soit près de 15,2 tonnes.

 

Origine des divergences

 

Les experts évoquent plusieurs facteurs pour expliquer ces écarts :

 

Différences de comptabilisation : variations dans les méthodes de calcul et les codes douaniers utilisés.

 

Transit régional : l’or camerounais pourrait transiter par des pays tiers avant d’être déclaré en Ouganda.

 

Flux informels : la contrebande et les circuits parallèles alimentent des volumes non enregistrés par les autorités camerounaises.

 

Manque de traçabilité : absence de mécanismes fiables pour suivre la production et l’exportation.

 

Enjeux pour le Cameroun

 

Perte fiscale : si les volumes ougandais reflètent une réalité, l’État camerounais perd des recettes considérables.

 

Crédibilité institutionnelle : les écarts fragilisent la confiance dans les statistiques officielles.

 

Sécurité régionale : l’or de contrebande peut alimenter des réseaux criminels , armés ou préparer un putsch .

 

Réconciliation statistique : une confrontation systématique des données avec les pays partenaires est indispensable pour clarifier l’origine et les flux réels.

 

Les chiffres publiés par Kampala sont authentiques et vérifiés, mais ils mettent en lumière une asymétrie majeure avec les données camerounaises. Cette situation illustre les défis persistants de gouvernance et de transparence dans le secteur aurifère du Cameroun, où la traçabilité reste le maillon faible.

 

Klein Reporters

 

Share

Leave a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Statistiques

  • 0
  • 5
  • 6
  • 58
  • 266
  • 35 966
  • 35 966
  • 0