Dans cette zone névralgique du département du Lom-et-Djérem, la psychose était devenue quotidienne pour les populations riveraines. En l’espace de seulement cinq mois, le bilan s’est avéré particulièrement lourd et effroyable : 25 personnes ont perdu la vie, victimes d’agressions sanglantes, de braquages à main armée et d’attaques ciblées. Face à la dégradation alarmante du climat sécuritaire, une riposte ferme et coordonnée des institutions républicaines s’imposait de toute urgence. Devant cette escalade de violence, la brigade anti-criminalité de la Division Régionale de la Police Judiciaire (DRPJ) de l’Est a été instruite d’engager une vaste opération de traque. Sous la supervision directe et rigoureuse du commissaire divisionnaire Hervé Djeumo, Chef de la DRPJ de l’Est, les fins limiers de la police ont déployé des investigations minutieuses, mêlant renseignements de terrain, filatures et infiltrations. La première percée majeure de cette offensive policière a eu lieu au grand carrefour dénommé Alliance Express, un point névralgique de circulation à Garoua-Boulaï.
C’est à cet endroit stratégique que les forces de l’ordre ont tendu une embuscade décisive pour capturer Hassan et Yaouba, deux criminels aguerris et bien connus des archives judiciaires et policières. L’arrestation de Hassan a révélé toute la gravité de la menace planant sur la région. Condamné antérieurement à une peine de 10 ans de prison ferme pour des faits d’assassinat, ce dangereux criminel avait réussi à s’évader de son centre de détention. Pour échapper aux recherches et à la justice, il avait choisi de trouver refuge à Garoua-Boulaï, tirant profit de la position frontalière et de la fluidité des déplacements pour reconstituer un réseau de malfaiteurs particulièrement violent. Au cours des interrogatoires, l’implication du réseau dans des crimes d’une sauvagerie inouïe a été clairement établie. Les enquêteurs ont notamment mis en lumière leur responsabilité directe dans l’agression mortelle commise à Koza contre un fonctionnaire des Douanes camerounaises. Ce dernier avait été sauvagement poignardé à plusieurs reprises par ses assaillants avant de succomber tragiquement à ses blessures.
Le palmarès sanglant de la bande ne s’arrête pas là : ils sont également coupables de la violente attaque perpétrée au stade municipal de Garoua-Boulaï à l’encontre du policier Yerima. Assommé à coups de massue et laissé pour mort dans une flaque de sang sur le terrain, l’officier de police n’a dû sa survie qu’à une évacuation sanitaire d’urgence et à une prise en charge médicale intensive dans un hôpital de référence de la ville de Yaoundé. L’aboutissement de cette enquête a donné lieu, le vendredi 11 septembre dernier, à une séance de reconstitution de la scène de crime sur les lieux mêmes des faits. Sous le regard vigilant des autorités judiciaires et administratives, notamment le Procureur de la République et le Sous-préfet de l’arrondissement de Garoua-Boulaï, Julien Martial Asse, les six suspects interpellés sont passés aux aveux complets. Ils ont rejoué avec une précision glaçante les scénarios de leurs attaques, confirmant le rôle clé de chaque membre de ce commando criminel. La capture de ces six présumés bandits et le démantèlement de ce réseau de grand chemin apportent un soulagement immense aux habitants de la région de l’Est.
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