Home Actualités Aveugle pour avoir refusé de financer des groupes armés ambazoniens
ActualitésAfriqueCrisesFACT CHECKINGFact checking/ Klein ReportersMondePolitiqueTerrorisme

Aveugle pour avoir refusé de financer des groupes armés ambazoniens

Share
Share

 

Un vieil homme a été délibérément rendu aveugle dans le nord-ouest du Cameroun après avoir refusé de verser une « contribution » aux combattants séparatistes.

, équipe Klein Reporters

Pa Verdzeka quittait sa localité de Nkar pour se rendre à Mbiame, où il exerce périodiquement des activités commerciales et agricoles. En chemin, il a été intercepté par un groupe d’hommes armés. Ceux-ci lui ont demandé de payer sa part destinée à soutenir leurs opérations. L’homme a refusé. Selon lui, il était injuste que de jeunes hommes valides préfèrent extorquer des personnes âgées plutôt que de travailler dans les champs.

Son opposition a provoqué une altercation. « Je vous connais très bien et je vous ai remarqué. Vous serez dénoncés car ce que vous faites aux pauvres citoyens n’est pas du tout bien », aurait-il lancé, alors qu’il était déjà à terre, les mains ligotées derrière le dos.

Les assaillants, identifiés par la victime comme Brandon et Rhene, n’ont pas toléré ces propos. L’un d’eux a sorti un objet semblable à un couteau et l’a enfoncé dans l’œil droit de Pa Verdzeka. « La douleur était tellement forte et violente qu’à un moment j’ai perdu connaissance quelques secondes », raconte-t-il. Les hommes n’en sont pas restés là. Ils ont ordonné l’extraction du second œil. Alors que d’autres le maintenaient au sol, le jeune homme a obéi, malgré les supplications de la victime.

Transporté quelques heures plus tard à l’hôpital par des personnes qu’il n’a pas pu identifier, Pa Verdzeka a survécu. Mais il a perdu définitivement la vue. « Malheureusement, je ne pourrai plus voir, même pas mes ennemis de Mbiame », conclut-il.

Un mode opératoire récurrent

Ce récit s’inscrit dans un schéma déjà documenté par Klein Reporters dans les régions anglophones du Cameroun, théâtre d’un conflit armé depuis 2016-2017 entre forces gouvernementales et groupes séparatistes revendiquant l’indépendance de l’« Ambazonie ». Les milices imposent régulièrement des « taxes » ou « contributions » aux populations civiles, sous peine de représailles violentes.

Les refus sont souvent sanctionnés par des mutilations, des exécutions ou des déplacements forcés.

L’attaque contre Pa Verdzeka illustre la logique de terreur employée pour assurer le financement et le contrôle territorial des groupes armés.  » En s’en prenant à un civil âgé qui les a publiquement défiés et identifiés, les assaillants ont cherché à la fois à punir et à dissuader. » Explique Roly Londell Klein promoteur des plateformes d’alertes et de diffusion d’actualité nationale et internationale.

Le fait que la victime ait nommé deux des auteurs suggère un ancrage local de ces groupes, qui opèrent souvent dans des zones où ils sont connus des habitants.

Les autorités camerounaises et Klein Reporters signalent régulièrement de telles exactions. Les séparatistes, de leur côté, accusent l’armée de crimes similaires, comme celui du marché Kumbo ( Mbveh) où des Terroristes habillés en tenues militaire avait tout de même abattu un jeune garcon débrouillard qui s’était opposé à un payemt de taxe séparatistes en soutien aux efforts des activités Terroristes. L’armée Camerounaise avait été pointée du doigt par des ONG et certains médias locaux, une équipe Klein Reporters avait pu recueillir sur le terrain images et témoignages à l’appui, qui était à l’origine de l’incident. Dans ce climat, les civils se retrouvent pris en étau, contraints de choisir entre se soumettre à des prélèvements illégaux ou risquer leur intégrité physique.

Le cas de Pa Verdzeka, rappelle la brutalité quotidienne subie par les populations des zones rurales du Nord-Ouest.

Pour l’heure, aucune réaction officielle des autorités ni des groupes séparatistes n’a été rapportée concernant cet incident précis.

Share

Leave a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Statistiques

  • 0
  • 14
  • 14
  • 172
  • 2 261
  • 89 964
  • 89 964
  • 0