CAMEROUN — NORD-OUEST | CRIME CONTRE L’HUMANITÉ
Ndu, 9 mars 2026 Klein Reporters : Un Mbororo torturé, exécuté et brûlé par des groupes armés séparatistes — La communauté internationale interpellée face à une escalade inquiétante
Correspondance spéciale — Donga-Mantung, Région du Nord-Ouest, Cameroun
UN ACTE D’UNE BARBARIE INQUALIFIABLE
Le lundi 9 mars 2026, dans l’arrondissement de Ndu, département de la Donga-Mantung, dans la Région du Nord-Ouest du Cameroun, un citoyen camerounais de la communauté Mbororo (Peuls nomades), identifié sous le nom de @#_#€@€ a été victime d’un acte d’une gravité exceptionnelle, imputable à des éléments armés affiliés au mouvement séparatiste ambazonien, agissant en complicité avec certains acteurs locaux, dont un nommé Abdullahi Yaya.
Selon des sources communautaires concordantes, la victime a été enlevée, soumise à des actes de torture, contrainte sous la coercition à proférer de faux aveux, puis exécutée sommairement avant que son corps ne soit délibérément incendié. Ces aveux, obtenus dans des conditions de contrainte manifeste et donc dénués de toute valeur juridique et morale, sont depuis instrumentalisés à des fins de propagande par les auteurs de cet acte, dans le but allégué de justifier a posteriori le massacre perpétré à Gidado — un procédé qui relève de la manipulation des faits et de la mise en scène criminelle.
« L’utilisation de confessions extorquées sous la torture à des fins de justification politique constitue une violation flagrante des principes fondamentaux du droit humanitaire international, notamment de la Convention des Nations Unies contre la Torture. »
UN HOMME SANS LIEN AVEC LES FAITS QUI LUI SONT REPROCHÉS
Toutes les informations disponibles établissent qu’Abdullahi Yaya, résidant à Three Corners Kakar depuis trois ans, était éloigné de Gidado depuis une longue période et se rendait rarement dans ce village. Employé du Centre de Traitement de l’Élevage (CTE) de Ndu, il vaquait à ses occupations professionnelles légales et se trouvait en route vers Foumban lorsqu’il a été intercepté et enlevé par des combattants armés. Aucun lien tangible ne le rattache aux événements survenus à Gidado. Son enlèvement et sa mise à mort apparaissent dès lors non seulement comme un acte arbitraire, mais comme une exécution extrajudiciaire délibérée d’un innocent.
LA COMMUNAUTÉ MBORORO, VICTIME SILENCIEUSE D’UN CONFLIT QUI N’EST PAS LE SIEN
Cet assassinat s’inscrit dans une série alarmante de violences perpétrées contre la communauté Mbororo dans la Région du Nord-Ouest du Cameroun depuis le déclenchement de la crise anglophone en 2016. Le 14 janvier 2026, déjà, à Gidado et dans les environs de Ntumbaw — même arrondissement de Ndu — des Terroristes ambazoniens armés avaient massacré au moins 14 civils, dont 7 enfants âgés de 2 à 11 ans, 6 femmes et un homme, incendiant 6 maisons et s’emparant du bétail. Les victimes appartenaient, en grande majorité, à cette même communauté Mbororo.
Le présent crime du 9 mars 2026 agresse le même tissu communautaire : de nombreuses vaches appartenant aux Mbororo de la région ont également été tuées lors de cette incursion, portant un coup sévère à la principale source de subsistance de ces éleveurs nomades.
Comme l’a documenté Klein Reporters dans son enquête de mars 2026 intitulée « Il faut aider la communauté Mbororo », cette communauté subit depuis des années massacres, enlèvements, rançons et destructions de bétail, sans que la communauté internationale n’y prête suffisamment attention.
LA TORTURE ET L’EXÉCUTION EXTRAJUDICIAIRE : DES CRIMES IMPRESCRIPTIBLES
Du point de vue du droit international des droits de l’homme, les faits décrits caractérisent plusieurs infractions graves et imprescriptibles :
La torture, prohibée par l’article 5 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Convention des Nations Unies contre la Torture (CAT) ;
L’exécution extrajudiciaire, en violation du droit à la vie garanti par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ;
La profanation de corps, acte interdit par les conventions de Genève ;
L’utilisation de faux aveux obtenus sous la contrainte, constitutive d’une manipulation de l’information à des fins de propagande, prohibition relevant du droit humanitaire international ;
La persécution ciblée d’un groupe ethnique (les Mbororo), susceptible de constituer un crime contre l’humanité au sens du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.
UN APPEL SOLENNEL À LA RESPONSABILITÉ ET À LA JUSTICE
Face à l’accumulation de ces crimes documentés, les autorités camerounaises, la société civile nationale et internationale, ainsi que les mécanismes de protection des droits de l’homme des Nations Unies — notamment le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) et le Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires — sont instamment appelés à :
Ouvrir une enquête indépendante, impartiale et transparente sur l’ensemble des crimes perpétrés contre la communauté Mbororo dans la Donga-Mantung, et en particulier sur l’assassinat du 9 mars 2026 ;
Identifier et traduire en justice tous les auteurs, coauteurs et complices de ces actes, y compris les acteurs locaux ayant facilité l’enlèvement, la torture et l’exécution de la victime ;
Rejeter fermement toute tentative d’instrumentalisation des aveux obtenus sous la contrainte à des fins de légitimation d’actes criminels ;
Renforcer la protection des populations civiles, en particulier des communautés nomades et minoritaires particulièrement exposées, conformément aux obligations du Cameroun au titre du droit humanitaire international ;
Mettre fin au silence complice qui entoure ces crimes, dénoncé y compris par Klein Reporters et le Ministère de la Défense du Cameroun lui-même lors du massacre de Gidado en janvier 2026
L’HISTOIRE RETIENDRA LES NOMS
L’assassinat barbare d’un homme innocent, torturé, contraint à de faux aveux puis brûlé vif, constitue une atteinte intolérable à la dignité humaine et un défi lancé à la conscience universelle. Ceux qui ont ordonné, exécuté et couvert cet acte devront répondre de leurs actes devant les instances compétentes. L’impunité ne saurait être une fin en soi dans un État de droit. Les responsables ont rendez-vous avec la justice — nationale, régionale ou internationale.
La communauté Mbororo, peuple pacifique de pasteurs et d’éleveurs, mérite protection, dignité et justice. Son calvaire ne peut plus rester dans l’ombre.
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