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Projet Prolog : la Banque mondiale lance une revue à mi-parcours critique et envisage de retirer 90 milliards FCFA

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Du 2 au 6 février 2026, une mission de la Banque mondiale à Yaoundé doit finaliser la restructuration du projet de gouvernance locale et communautés résilientes, plombé par une exécution jugée insuffisante.Yaoundé, le 2 février 2026 – Une délégation de la Banque mondiale entame ce lundi 2 février 2026, et jusqu’au 6 février, une mission de revue à mi-parcours du Projet de gouvernance locale et de communautés résilientes (Prolog). Ce projet phare, doté d’une enveloppe initiale de 300 millions de dollars (environ 180 milliards FCFA), vise à renforcer la décentralisation, améliorer la gouvernance locale et doter les communautés d’infrastructures résilientes face au changement climatique.Selon une correspondance datée du 20 janvier 2026, adressée par le directeur de division de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre au ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, et consultée par la presse, cette mission constitue « l’occasion de finaliser la restructuration sollicitée par le gouvernement camerounais (…) ainsi que la reprogrammation partielle des activités prioritaires au Cameroun ».Au cœur des discussions : un retrait envisagé de 90 milliards FCFA (150 millions USD) de l’enveloppe globale. La raison invoquée ? Des décaissements trop faibles et une exécution globalement insatisfaisante à mi-parcours.

Des sources proches du dossier indiquent que lors de la précédente revue de novembre 2025, le projet présentait huit indicateurs de performance sur neuf jugés insatisfaisants, touchant notamment la passation des marchés, l’avancement des travaux, la production de livrables et le suivi-évaluation.

Lancé en 2022, le Prolog devait bénéficier directement à environ 180 communes et plus de 1,5 million de personnes, en renforçant les capacités des collectivités territoriales décentralisées (CTD) à planifier, gérer des ressources et fournir des services de base (eau, éducation, santé, routes, etc.) tout en intégrant la résilience climatique.Mais les retards accumulés et les faiblesses dans la chaîne de mise en œuvre ont conduit les deux parties – gouvernement et Banque mondiale – à s’accorder sur la nécessité d’une restructuration profonde. Celle-ci pourrait entraîner une réallocation de crédits vers d’autres priorités nationales ou vers des projets jugés plus performants, sans pour autant constituer une « perte sèche » pour le Cameroun, selon les explications officielles.La mission de cette semaine devra donc trancher sur plusieurs points cruciaux :Validation définitive de la restructuration et des montants réalloués ;

Identification des activités prioritaires à maintenir ou à accélérer ;

Mesures correctives pour redresser la trajectoire du projet sur la période restante (jusqu’en 2027 environ) ;

Éventuelles conditions supplémentaires pour débloquer les fonds restants.

Contacté, le ministère de la Décentralisation et du Développement local (Minddevel), tutelle technique du projet, n’a pas encore communiqué officiellement sur les résultats attendus de cette revue. Du côté de l’Unité de gestion du projet (UGP-Prolog), on assure que « des efforts significatifs ont été déployés ces derniers mois », notamment à travers des ateliers de planification (dont celui de Limbe en janvier 2026) et des visites de terrain.

Cette revue intervient dans un contexte où le Cameroun cherche à accélérer la décentralisation tout en faisant face à des contraintes budgétaires et à une pression accrue des partenaires techniques et financiers sur la performance et la transparence. L’issue de la mission du 2 au 6 février 2026 pourrait donc avoir des répercussions importantes sur le rythme de la décentralisation et sur la confiance des bailleurs dans les projets d’infrastructure communautaire au Cameroun.

 

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