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L’INSTRUCTEUR COMMANDANT D’ISWAP TUÉ, QUI EST IL?

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KLEIN REPORTERS – Enquête exclusive
La mort d’un instructeur étranger au sein d’ISWAP ravive les questions sur l’internationalisation du djihad dans le bassin du lac Tchad
Il y a environ six jours, le groupe djihadiste ISWAP (Islamic State West Africa Province) a perdu l’un de ses instructeurs les plus influents dans la zone du lac Tchad. Comme à chaque fois qu’un cadre étranger tombe, les spéculations ont enflé sur les réseaux sociaux, particulièrement au sein des cercles panafricanistes et anti-impérialistes, où l’on débat âprement de l’origine réelle de ces combattants et des flux qui alimentent les rangs d’ISWAP.
Dès la fin de l’année 2024, l’équipe de Klein Reporters avait tiré la sonnette d’alarme. Nous avions signalé, sur nos plateformes et via notre compte Roly Londell Klein, l’arrivée discrète mais confirmée de plusieurs combattants étrangers au sein d’ISWAP. À l’époque, nous avions choisi de ne pas diffuser les images en notre possession, préférant croiser les sources et attendre des confirmations solides avant toute publication. En février 2025, un communiqué officiel émanant des canaux centraux de l’État islamique au Moyen-Orient – suivis en temps réel par notre équipe – annonçait explicitement un « soutien accru aux frères d’Afrique de l’Ouest ». Le message précisait l’envoi d’instructeurs qualifiés, majoritairement originaires du continent africain mais ayant suivi une formation militaire et idéologique approfondie dans les bastions historiques du groupe : Irak, Syrie, et dans une moindre mesure Liban. Parmi ces profils figurait un nom qui allait rapidement attirer notre attention : Omar Hikmat Al Nashwati.
Qui était Omar Hikmat Al Nashwati ?
Né en Libye, Omar Hikmat Al Nashwati quitte Tripoli – plus précisément le quartier de Bab Al Rami –  en fin de l’année 2024. Sa destination : la Syrie, où il intègre pendant plusieurs jours un programme de formation complet au sein des structures de l’État islamique. Sur place, il adopte le kunya (nom de guerre) d’Omar Al Shami, signe classique d’intégration dans les réseaux syriens du groupe. Après cette phase d’entraînement intensif, il est redéployé au Liban pour des missions de reconnaissance au profit de la branche locale de l’EI (ISIS). Il y prend alors le surnom d’Omar Al Lubnani, avant d’être affecté à une opération de plus grande envergure : son transfert en Afrique de l’Ouest en tant qu’instructeur principal et commandant opérationnel au sein d’ISWAP.
Fin 2025, nos recherches et nos sources sur le terrain nous avaient déjà permis de l’identifier formellement dans plusieurs vidéos d’attaques revendiquées par ISWAP. On le voit coordonner des assauts au Nigeria et au Cameroun, notamment dans la zone de Hilé Alifa (ou Hile Halifa), Darak et d’autres localités stratégiques du bassin du lac Tchad. Veste kaki, talkie-walkie à la main, il dirige les mouvements, corrige les positions, supervise les replis : le profil type du cadre expérimenté venu du théâtre moyen-oriental. Omar Hikmat Al Nashwati connaissait parfaitement la géographie du lac Tchad. Il maîtrisait les pistes, les villages, les points de passage fluviaux. Son objectif affiché, selon plusieurs éléments recueillis par nos sources : transformer la zone d’Hilé Alifa en un véritable fief califal, un bastion durable capable de rayonner sur les trois pays riverains (Nigeria, Cameroun, Tchad) .
Sa mort récente marque un coup dur pour ISWAP à un moment où le groupe cherche à consolider ses gains face à la pression militaire multinationale . Elle soulève aussi des interrogations plus larges : combien d’autres instructeurs formés au Moyen-Orient restent encore actifs dans la province ouest-africaine de l’EI ? Et surtout, comment ces transferts de compétences et d’hommes se poursuivent-ils malgré la perte de territoires en Irak et en Syrie ?
Klein Reporters continue de suivre ces flux. Nous reviendrons prochainement avec de nouveaux éléments sur l’évolution de la présence étrangère au sein d’ISWAP et ses implications pour la sécurité régionale.
Roly Londell Klein
Pour Klein Reporters
26 février 2026
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