Par Klein Reporters 12 février 2026 OSLO — Les procureurs norvégiens se dirigent vers un élargissement substantiel des poursuites pénales contre Lucas Ayaba Cho, figure éminente du mouvement séparatiste ambazonien également connu sous le nom d’« Ayaba », avec de nouvelles accusations prévues incluant le terrorisme, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité, selon les développements judiciaires et des sources proches du dossier.
Cette escalade fait suite à une audience tenue le 9 février 2026 à Oslo, au cours de laquelle le tribunal a confirmé la prolongation de la détention provisoire d’Ayaba sous des conditions strictes, notamment l’isolement cellulaire total et l’interdiction de tout contact extérieur.
La prochaine audience est fixée au 6 avril 2026, alors que les autorités qualifient cette affaire de l’une des plus importantes liées au terrorisme international dans le cadre de la crise anglophone au Cameroun.
Les enquêteurs norvégiens ont effectué des missions sur le terrain au Cameroun, où 11 témoins clés ont été officiellement auditionnés, et ont intégré d’importantes preuves supplémentaires issues de sources internationales au dossier. Ces avancées marquent une intensification majeure dans une procédure ouverte après l’arrestation d’Ayaba en septembre 2024, initialement pour incitation à des crimes contre l’humanité, liée à ses déclarations sur les réseaux sociaux et à son rôle présumé dans le financement et la direction de violences par des groupes séparatistes comme les Ambazonia Defence Forces (ADF), dont il est associé au leadership au sein du Ambazonia Governing Council.
Le conflit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun — que les séparatistes appellent « Ambazonia » — a fait des milliers de morts depuis son déclenchement en 2016-2017, avec des accusations d’atrocités commises des deux côtés, y compris contre des civils.
Âgé de 52 ans, Ayaba, qui vivait en exil en Norvège, nie les accusations par l’intermédiaire de son équipe juridique, présentant ses activités comme une lutte légitime pour l’indépendance face à ce que les séparatistes qualifient d’« occupation » camerounaise. Sa détention dépasse désormais 16 mois, avec plusieurs prolongations motivées par des risques de fuite, d’entrave aux témoins ou de poursuite d’activités criminelles présumées.L’affaire attire l’attention internationale en raison de l’application par la Norvège du principe de compétence universelle, permettant de poursuivre des crimes graves internationaux quel que soit le lieu où ils ont été commis.
Un acteur clé à l’origine de cette pression judiciaire est l’avocat camerounais Emmanuel Nsahlai, qui a déposé de multiples plaintes pénales dans plusieurs juridictions contre des leaders séparatistes. Ses démarches, incluant des pétitions auprès d’autorités américaines et de la Cour pénale internationale, ont largement contribué à attirer l’attention internationale et à catalyser l’arrestation initiale d’Ayaba ainsi que l’enquête norvégienne en cours. Me. Nsahlai a publiquement décrit ses efforts comme une campagne visant à traduire en justice les responsables de violences contre les civils dans les régions anglophones.
Des médias alignés , spécialisés sur des positions anti-séparatistes, tels que Klein Reporters, ont relayé les activités Terroristes ambazoniens y compris ADF et amplifié ces actions judiciaires, publiant des rapports détaillés sur les réseaux présumés de financement séparatiste et les atrocités attribuées à des groupes liés à Ayaba. Leur couverture a contribué à maintenir l’attention publique et diplomatique sur l’affaire, la présentant comme une lutte plus large contre le « terrorisme » dans la crise.
Les nouvelles accusations potentielles — terrorisme, crimes de guerre et crimes contre l’humanité — représenteraient une expansion spectaculaire par rapport aux soupçons initiaux d’incitation. Elles s’appuient sur des éléments que les procureurs estiment lier plus directement Ayaba à la direction ou à la facilitation de violences contre des civils pendant le conflit, y compris des attaques ayant entraîné des déplacements massifs et des pertes humaines.
Bien que les autorités norvégiennes aient communiqué peu de détails, l’intégration de témoignages recueillis sur place au Cameroun indique une phase probatoire solide. L’isolement strict imposé à Ayaba a suscité des critiques de la part de ses soutiens, qui estiment qu’il entrave la préparation de sa défense. Cette affaire illustre l’internationalisation croissante du conflit anglophone camerounais, autrefois largement interne, mais désormais soumis à des processus judiciaires étrangers. Avec des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés en près d’une décennie, les procédures norvégiennes pourraient créer des précédents en matière de reddition de comptes pour des insurrections prolongées similaires.
À l’approche de l’audience d’avril, l’issue pourrait influencer non seulement le sort d’Ayaba, mais aussi la dynamique globale du mouvement séparatiste et les efforts diplomatiques pour résoudre l’une des crises les plus durables d’Afrique.
Roly Londell Klein
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