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Au Cameroun, une nouvelle attaque nocturne ravage un village du Nord-Ouest et accentue la crise humanitaire dans les régions anglophones

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Par Klein Reporters 
Bamenda, Cameroun — 17 février 2026
Dans la nuit du 13 au 14 février, des hommes armés ont attaqué le village de Mbat, dans la subdivision de Nwa (département de Donga-Mantung, région du Nord-Ouest), incendiant des centaines de maisons et forçant plus de 800 habitants à fuir dans la brousse environnante. Selon Klein Reporters il s’agit de la troisième agression de ce type contre cette petite communauté rurale en peu de temps.
Les assaillants, décrits par de nombreux témoins comme une milice appartenant à la communauté pastorale Mbororo (ou Fulani), auraient pris position aux entrées du village dès la tombée de la nuit. D’autres sources évoquent une revanche d’un groupe terroriste armés contre un autre groupe rival.
Alertés par un habitant vigilant, les résidents se sont précipités vers la partie basse du village (Lower Mbat) pour se mettre à l’abri. Les hommes armés ont alors incendié la partie haute (Upper Mbat), détruisant notamment une école primaire publique (GS Mbat) et une église baptiste, avant de poursuivre leur progression vers Lower Mbat où d’autres habitations ont été touchées.
Le bilan, compilé par Klein Reporters fait état d’au moins une certaine de maisons réduites en cendres, plus de 200  personnes déplacées (dont de nombreux enfants et personnes âgées contraints de dormir à même le sol dans les forêts, sans abri ni accès immédiat à la nourriture ou aux soins voir vidéo Klein Reporters forum WhatsApp), le vol des motos, des bétails , la destruction de greniers à maïs et le pillage de plus d’une douzaine de boutiques.
Au moins quatre personnes resteraient portées disparues, selon certains témoignages.« Les gens dorment dehors, exposés aux moustiques, avec des bébés qui pleurent de faim et de froid », a déclaré un habitant contacté par téléphone , sous couvert d’anonymat par peur de représailles. « C’est la troisième fois que cela arrive, et personne ne vient nous protéger. »
Cet incident s’inscrit dans un entrelacs complexe de violences qui minent depuis des années le Nord-Ouest et le Sud-Ouest anglophones du Cameroun. La crise sécuritaire, née en 2016 d’une contestation perçue des régions anglophones, a évolué en un conflit armé opposant les forces de sécurité camerounaises à des groupes séparatistes autoproclamés « ambazoniens ».
Parallèlement, des tensions récurrentes opposent agriculteurs sédentaires et éleveurs nomades Mbororo/Fulani, souvent transfrontaliers avec le Nigeria voisin. Ces conflits fonciers et pastoraux se superposent parfois aux dynamiques séparatistes, « certains groupes armés étant accusés d’instrumentaliser les rivalités communautaires. » Roly Londell Klein 
Les autorités camerounaises n’ont pas encore communiqué officiellement sur l’attaque de Mbat. Le silence observé par le gouvernement contraste avec les appels urgents lancés par les habitants pour une intervention sécuritaire et une aide humanitaire immédiate.
Dans un contexte où l’accès des journalistes internationaux et des organisations humanitaires reste extrêmement limité dans ces zones reculées, les informations proviennent principalement de réseaux locaux y compris Klein Reporters et d’ONG sur le terrain.
L’International Organization for Migration (IOM) et d’autres agences onusiennes ont déjà documenté des déplacements massifs dans la région du Nord-Ouest liés à l’insécurité persistante.
Pour les quelque 850 déplacés de Mbat, la priorité est désormais la survie immédiate : trouver de l’eau potable, de la nourriture et un abri avant que la saison des pluies n’aggrave leur situation. Mais au-delà de l’urgence, cet épisode rappelle une fois de plus que, neuf ans après le début de la crise anglophone, la protection des civils reste un défi majeur dans cette partie du Cameroun, où les populations se retrouvent prises en étau entre milices, séparatistes , brigands, et Kidnappeurs 
Roly Londell Klein
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