Libération de 46 Camerounais retenus dans un camp d’exploitation à Ogun (Nigeria)
25 janvier 2026 – Plus de 46 ressortissants camerounais ont été libérés dans la nuit du 24 janvier 2026 d’un centre de rétention illégal situé à Moweh, dans l’État d’Ogun au Nigeria. L’opération, menée par la police nigériane en collaboration avec des membres de la communauté camerounaise locale, met fin à plusieurs mois (voire années pour certains) de captivité et d’exploitation.Selon les témoignages recueillis auprès des victimes et des sources sécuritaires, ces Camerounais – majoritairement de jeunes hommes et femmes en quête d’emploi – avaient été attirés par de fausses promesses d’emplois bien rémunérés à l’étranger. Les recruteurs, opérant via des réseaux sociaux et des contacts informels, leur avaient fait miroiter des postes dans des entreprises internationales, souvent en exigeant des frais de dossier ou de formation initiaux.Une fois sur place au Nigeria, les victimes étaient transférées dans ce que plusieurs appellent un « camp » ou un bâtiment fermé à Moweh. Là, elles étaient contraintes de participer à des activités d’escroquerie en ligne (cybercriminalité, faux profils sur les réseaux, arnaques sentimentales ou pyramidales).
Le réseau exploitait notamment le nom de QNET, une société de marketing multiniveau déjà controversée dans plusieurs pays africains pour des pratiques assimilées à des schémas pyramidaux.
Selon Klein Reporters, QNET a toujours nié tout lien direct avec ces activités criminelles et affirme lutter contre les escrocs qui usurpent son identité.L’intervention a été facilitée par le pasteur camerounais Tanyu Mike, basé au Nigeria, et son équipe, qui ont alerté les autorités après des signalements de familles désespérées. La police de l’État d’Ogun a procédé à l’opération dans les heures tardives du 24 janvier, libérant les otages qui étaient retenus dans des conditions précaires : malnutrition, violences physiques et interdiction de contact avec l’extérieur.
« C’est une victoire pour la dignité humaine, mais aussi un avertissement », a déclaré un responsable communautaire camerounais impliqué dans le sauvetage. « Des centaines, voire des milliers de nos compatriotes restent potentiellement piégés dans des situations similaires en Afrique de l’Ouest. »
Les victimes sont actuellement sous la protection de la police nigériane en attendant les formalités de rapatriement vers le Cameroun, coordonnées avec l’ambassade du Cameroun à Abuja. Plusieurs d’entre elles ont déjà pu témoigner de tortures psychologiques et physiques, et certaines ont indiqué avoir été forcées de recruter d’autres personnes pour « rembourser » leur voyage.Cet incident n’est pas isolé.
Selon Klein Reporters ,en juillet 2025, déjà, la police d’Ogun avait libéré 38 Camerounais d’un bâtiment verrouillé dans la même zone de Moweh, dans un contexte similaire d’escroquerie à l’emploi. Les autorités nigérianes et camerounaises appellent à une vigilance accrue face aux offres d’emploi suspectes, surtout celles impliquant des paiements anticipés ou du recrutement en chaîne.Conseils aux familles et aux jeunes : Vérifiez toujours la légitimité des offres via les canaux officiels (ambassades, sites gouvernementaux).
Ne versez jamais d’argent pour un emploi promis.
Signalez immédiatement tout cas suspect aux autorités ou aux associations de lutte contre la traite humaine.
L’événement, très relayé sur les réseaux sociaux avec des photos des rescapés, a suscité une vague d’émotion et d’indignation au Cameroun. Les autorités sont appelées à renforcer la sensibilisation et la coopération régionale pour démanteler ces réseaux transfrontaliers.
Roly Londell Klein
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