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Le Ghana envisage des tests ADN obligatoires pour tous les nouveau-nés : une réforme controversée pour sécuriser la filiation

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 Accra, le 2 juin 2026 – Le Parlement ghanéen examine actuellement des propositions de loi visant à rendre obligatoires les tests ADN de paternité pour tous les nouveau-nés, avant la délivrance des actes de naissance. Cette mesure, défendue par plusieurs députés, vise à renforcer la fiabilité des liens de filiation et à réduire les litiges familiaux qui encombrent les tribunaux.

Selon les promoteurs du texte, dont le député de Gomoa Central Kwame Asare Obeng, cette réforme répond à un problème réel de « fraude à la paternité ». Des études citées dans le débat indiquent qu’un test ADN sur quatre révélerait une non-concordance avec le père présumé.
Les auteurs du projet souhaitent également instaurer des sanctions pénales contre les femmes qui désigneraient volontairement un homme comme père biologique alors qu’il ne l’est pas. Ils estiment que cette législation protégerait les droits des enfants, assurerait une meilleure prise en charge par les pères biologiques et assainirait les registres d’état civil.

« Nous mettons fin à des décennies de mensonges et de suspicions qui détruisent des familles », a déclaré un partisan du texte sur les réseaux sociaux. L’objectif affiché est de rendre les tests systématiques dans les hôpitaux, avant la sortie de la mère et de l’enfant, afin d’éviter tout débat ultérieur sur la filiation.
Critiques virulentes des opposants
Cette initiative suscite cependant de vives critiques de la part de juristes, d’organisations de défense des droits humains et de certains commentateurs. Ils dénoncent une mesure intrusive, coûteuse et stigmatisante pour les mères. « Il s’agit d’une présomption systématique de culpabilité envers les femmes ghanéennes, traitées d’emblée comme des potentielles trompeuses », écrit le chroniqueur Ras Mubarak dans GhanaWeb. Selon lui, imposer un test ADN à des centaines de milliers de naissances par an représenterait un fardeau financier énorme pour un système de santé déjà fragilisé, où les priorités devraient porter sur la réduction de la mortalité maternelle et infantile.

Les opposants soulignent également les questions éthiques et de vie privée : stockage des données génétiques, risque de discrimination, et coût élevé des analyses (estimé autour de 3 000 cedis ghanéens par test, soit environ 200 dollars). Des voix s’élèvent pour rappeler que de nombreux pays gèrent les litiges de paternité au cas par cas, sans généraliser la suspicion. Un débat de société plus largeCe projet intervient dans un contexte où les questions de famille, de responsabilité paternelle et de fidélité conjugale occupent une place importante dans le débat public ghanéen.

Si la loi est adoptée, le Ghana deviendrait l’un des premiers pays au monde à imposer un tel dispositif de manière systématique.Le texte, encore au stade des propositions (Private Member’s Bill), n’a pas encore été formellement débattu en séance plénière, le Parlement étant récemment en période de vacances. Son examen devrait reprendre dans les prochaines semaines. Les défenseurs des droits des femmes et des enfants appellent à une approche plus nuancée : renforcer l’accès volontaire aux tests ADN, améliorer l’éducation sexuelle et promouvoir la responsabilité partagée, plutôt qu’une mesure coercitive généralisée.Cette réforme, si elle voit le jour, pourrait marquer un tournant majeur dans le droit de la famille africain, entre quête de vérité biologique et respect de la sphère intime. Le Ghana suit de près ce dossier qui divise profondément l’opinion.
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