Le Cameroun est classé derrière le Gabon et la Guinée équatoriale dans l’Indice de l’industrialisation en Afrique 2025 de la BAD, en raison d’un recul progressif de ses performances industrielles, marqué par un déficit énergétique chronique, un environnement des affaires peu compétitif et une faible transformation de ses ressources locales.
Constat du Classement BAD 2025
– Score du Cameroun : 0,843 en 2024 (contre 0,897 en 2010).
– Position : Quintile intermédiaire supérieur, mais derrière ses voisins de la CEMAC.
– Gabon et Guinée équatoriale : Performances jugées comparables, voire supérieures, notamment en matière de valeur ajoutée manufacturière et d’exportations industrielles.
Pourquoi le Cameroun recule ?
– Déficit énergétique : L’électricité reste insuffisante et instable, freinant la productivité des usines.
– Accès limité au financement : Les PME industrielles peinent à obtenir des crédits bancaires.
– Environnement réglementaire : Jugé peu compétitif par les investisseurs étrangers.
– Infrastructures industrielles : Zones économiques spéciales (Kribi, Mbalmayo) annoncées mais encore peu opérationnelles.
– Capital humain : Faible adéquation entre formation et besoins industriels.
Comparaison régionale (CEMAC)
| Pays | Score BAD 2025 | Points forts | Faiblesses |
|——|—————-|————–|————-|
| Gabon | Quintile intermédiaire sup. | Transformation bois, diversification hors pétrole | Dépendance aux matières premières |
| Guinée équatoriale | Quintile intermédiaire sup. | Secteur manufacturier en forte croissance | Rente pétrolière encore dominante |
| Cameroun | 0,843 (recul) | Potentiel agro-industriel, marché intérieur large | Déficit énergétique, gouvernance faible |
Le fossé entre discours et réalité
– Ambitions affichées : Émergence à l’horizon 2035, zones industrielles, plans agro-industriels.
– Réalité : Les projets restent souvent sur le papier, sans impact significatif sur la compétitivité industrielle.
Risques et Conséquences
– Perte de compétitivité régionale : Le Cameroun, longtemps considéré comme locomotive de la CEMAC, est désormais dépassé par ses voisins.
– Faible diversification : Dépendance persistante aux exportations de matières premières brutes.
– Attractivité réduite : Les investisseurs privilégient des environnements plus stables et compétitifs.
Perspectives et Solutions
– Réforme énergétique : Investir dans les barrages et les énergies renouvelables.
– Financement des PME : Faciliter l’accès au crédit et aux fonds de développement.
– Amélioration de la gouvernance : Simplifier les procédures administratives et renforcer la transparence.
– Valorisation des ressources locales : Développer l’agro-industrie et la transformation minière.
– Formation technique : Adapter l’éducation aux besoins industriels.
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