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ÉCONOMIE : LES DÉPENSES DE L’ÉTAT DU CAMEROUN

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Hausse de 10 % des charges de fonctionnement en 2024 : les dépenses de personnel et les achats sous pression by Klein 
Dans un contexte économique toujours marqué par l’inflation des coûts et des tensions sur les marges, le tableau des charges courantes 2024 révèle une nette accélération des dépenses opérationnelles. Selon les derniers comptes arrêtés, les charges de fonctionnement totales atteignent 3 213,8 milliards (en unités monétaires de référence), en progression de +292,1 milliards par rapport à 2023, soit une augmentation de +10,0 % en un an.
Les charges de personnel progressent modérément mais restent très majoritairesLe poste charges de personnel s’établit à 1 526,4 milliards en 2024, en hausse de +93,6 milliards (+6,5 %) par rapport à l’exercice précédent.Les principaux moteurs de cette progression sont :

  • Traitements et salaires de base : +90,9 milliards (+7,5 %), passant de 1 290,6 à 1 380,9 milliards
  • Primes et indemnités : +7,3 milliards, après une année 2023 à zéro sur ce poste
  • Avantages en nature : apparition d’un poste de 20,7 milliards (inexistant en 2023)
  • Autres indemnités hors solde : +2,1 milliards (+2,6 %)

À l’inverse, les cotisations sociales affichent une baisse significative de -6,5 milliards (-20,3 %), ce qui a partiellement compensé la hausse des rémunérations brutes. Globalement, les charges de personnel continuent de représenter environ 47,5 % du total des charges de fonctionnement, confirmant leur poids structurel dans la masse des dépenses. Achats de biens et services : forte contraction des achats directs, hausse des remboursements .

Le poste biens et services montre une évolution contrastée :

  • Achats de biens : -48,6 milliards (-8,6 %)
  • Achats de services : -188,6 milliards (-24,0 %), soit la plus forte baisse enregistrée dans le tableau
  • Remboursements sur recettes (autres services) : +40,9 milliards (+31,3 %)

Au total, les achats nets de biens et services diminuent fortement, mais cette contraction est en partie masquée par la hausse mécanique des dotations aux amortissements et aux provisions (+120,7 milliards, +8,9 %) et par l’apparition ou la forte progression de certaines lignes exceptionnelles. Charges exceptionnelles en net reculLe poste charges exceptionnelles et provisions chute de plus de -101,2 milliards (-77,8 %), passant de 130,8 à seulement 29,4 milliards. Cette baisse très importante constitue l’un des éléments les plus marquants du tableau et explique une partie significative de la modération de la progression globale des charges.

Ce qu’il faut retenirMalgré une très nette réduction des achats de services et une baisse massive des charges exceptionnelles, l’exercice 2024 affiche une hausse à deux chiffres des charges courantes (+10 %), tirée principalement par :

  • la reprise des rémunérations (salaires + primes + avantages en nature),
  • la progression soutenue des dotations aux amortissements et provisions,
  • la hausse des remboursements sur recettes.

Cette dynamique traduit à la fois une normalisation de certains postes comprimés en 2023 et une pression persistante sur les coûts salariaux et structurels, dans un environnement où la maîtrise des achats courants semble avoir porté ses fruits.Les prochains arrêtés budgétaires et les choix d’allocation de ressources seront scrutés avec attention pour mesurer la capacité à absorber ou à compenser cette hausse sensible des charges opérationnelles.

Roly Londell Klein
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